Dans beaucoup de médias subventionnés, le même refrain revient sans cesse : le Bitcoin, à cause de sa sécurisation par preuve de travail, serait extrêmement polluant, et sa consommation d’électricité correspondrait à celle de certains pays entiers.
Il est même très drôle de relire aujourd’hui nombres d’articles de ces médias qui prédisaient, en 2017, que d’ici à 2022, bitcoin consommerai plus que toute l’électricité disponible dans le monde, et qu’il n’en resterai plus pour aucun autre usage!
Toutes ces affirmations relèvent, au choix, de la propagande ou de l’incompétence.
Sans prétendre que le Bitcoin est parfait, il y a plusieurs facteurs à prendre en compte :
- La quantité et l’origine de l’électricité consommée
- Le fait de posséder une monnaie qui incite à la frugalité
- La comparaison avec le système bancaire et financier actuel
La quantité d’électricité consommée :
Si celle-ci est bien réelle, cette simple valeur est extrêmement simpliste. En 2022, d’après les dernières estimations, 70% de le consommation était d’origine renouvelable, alors qu’elle n’était que de 50% en 2020. Si cette trajectoire continue, la quasi totalité du minage proviendra d’énergie renouvelable dans moins de cinq ans.
Il est important de comprendre que le minage est une activité extrêmement compétitive. Si un particulier décide d’acheter un ordinateur spécialisé (ASIC) pour miner dans son garage, il dépensera beaucoup plus en électricité que ce que lui rapporteront les bitcoins fraîchement minés, et sans compter le prix extrêmement élevé des machines.
Depuis plusieurs années, le minage est une activité professionnelle. Les entreprises qui se spécialisent dans le minage ont deux avantages sur les particuliers : acheter en gros les machines de minage, et trouver de l’électricité à très bas coût.
Pour ce faire, il a plusieurs solutions.
La seule solution polluante était d’aller s’installer dans les pays qui produisaient leur électricité au charbon à très bas prix, mais, pour des raisons politiques (écologie et pénuries), la plupart de ces pays ont désormais interdit le minage. Et dans les rares pays qui ne l’ont pas interdit, le prix du charbon ayant beaucoup augmenté ces dernières années, il n’est tout simplement plus rentable de miner avec de l’électricité produite au charbon.
Le plus rentable pour les mineurs est d’acheter les surplus d’électricité aux producteurs. Par exemple, lorsqu’une région africaine qui n’a pas l’électricité souhaite construire un barrage pour électrifier une région entière celui-ci, à sa construction, est dimensionné pour pouvoir subvenir à toute la population locale, une fois que tout le monde sera équipé. Mais équiper tous les foyers avec des appareils électrique, cela prends plusieurs années, voir décennies. Et pendant cette période, plutôt que de faire en sorte détourner l’eau du barrage en attendant que la demande arrive, les producteurs utilisent les barrages aux niveau pour lesquels ils ont été conçus, et les mineurs consomment les surplus, qu’ils achètent à bas coût. Les machines de minage étant très facile à piloter, même à distance, petit à petit, au fur et à mesure que les populations augmentent leur consommations, les mineurs réduisent leur activités, puis, à terme, s’en vont (ceux-ci sont extrêmement mobiles, leurs machines étant généralement entreposées dans des conteneurs).
Il s’agit de partenariats gagnant gagnant, puisque les producteurs d’électricité vendent des surplus d’électricité à bas coût, mais qui ne leur coûte rien à produire, qui peut leur servir à financer l’installation de lignes électrique vers les villages locaux par exemple.
Dans certains endroits, des fermes de panneaux solaire photovoltaïques produisent énormément d’électricité lorsque le soleil est à son zénith, puisque celles-ci sont dimensionnées pour produire suffisamment d’électricité en hivers par temps nuageux. Un jour de soleil en été, celle-ci sont en capacité de produire beaucoup plus d’électricité qu’elles le font, et les mineurs se branchent sur ces sur-capacités. La mécanique est la même que pour les barrages, les surplus sont vendus à bas coût, et c’est gagnant.
Dans les centrales nucléaires, celles-ci ayant énormément d’inerties, elles doivent en permanence équilibrer leur réseau. Un réseau électrique doit toujours être équilibré, cela veut dire qu’il faut toujours produire autant d’électricité que l’on consomme. Pour ce faire, les centrales électriques qui ont beaucoup d’inertie dans leurs moyens de production, décident souvent de produire un petit peu plus que ce qu’elles devraient produire pour le pic de consommation journalier, et de faire fonctionner des radiateurs géants en extérieur (pilotés automatiquement pour consommer exactement le surplus). Dans certains pays (pas encore en France à ma connaissance), une partie des radiateurs est remplacée par les mineurs.
Une autre utilisation, qui est elle encore plus vertueuse, est la réduction du torchage sur les plateformes pétrolières. Lorsque les compagnie pétrolières creusent des trous pour extraire du pétrole, il y a souvent aussi des du gaz qui sort avant le pétrole. Lorsque ces plateformes sont situées à proximité d’un réseau électrique, des petites centrales électriques à gaz sont amenées sur place, afin d’utiliser ce gaz pour produire de l’électricité et injecter celle-ci dans le réseau.
Mais lorsque les plateformes sont situées au beau milieu de la mer, loin des côtes et de tout réseau électrique, alors les compagnies brûlent ce gaz à l’air libre. C’est ce qu’on appelle le torchage (flaring en anglais). Cette opération est polluante à plusieurs égards. D’abord parce que le gaz est brûlé sans rien produire, mais surtout parce que celui-ci est brûlé dans des torchères, à l’air libre.
Quand il n’y a pas beaucoup de vent, environ 90% du gaz est brûlé, mais par mauvais temps, ce n’est souvent de 50% du gaz qui est brûlé, le reste s’échappe dans l’air. Or ces gaz produisent environ 20 fois plus d’effet de serre de le CO2.
Les entreprises qui pratiquent le torchage payent des grosses amendes, puisque cette pratique pollue, mais décident de le faire quand même, parce qu’elles ne voient pas d’autre solution.
De plus en plus donc, une petite centrale à gaz qui produit de l’électricité est acheminée sur ces plateformes. Sur place, les mineurs installent leurs machines, puisque les conteneurs peuvent être facilement acheminés par bateau et ne nécessite rien d’autre qu’une connexion internet, dans ce cas par satellite.
Dans ces petites centrales électrique, le gaz est brûlé correctement, presque à 100 %, ce qui est un avantage écologique indéniable. Cela évite par la même occasion aux compagnies pétrolière de payer de lourdes amendes pour avoir fait du torchage. Et le gaz est utilisé à quelque chose d’utile plutôt que d’être perdu.
Posséder une monnaie qui incite à la frugalité :
C’est un autre aspect, rarement évoqué, que je trouve essentiel. Lorsque vous possédez des euros, ou des dollars par exemple, vous savez qu’à terme, les prix ont tendance à augmenter. Cela est dû à plusieurs facteurs, parmi lesquels les politiques des banques centrales de la quasi totalité des pays occidentaux, qui consiste à faire tourner la « planche à billet » à plein régime pour financer le déficit des états (l’expression de planche à billet est toujours utilisée de nos jours, bien qu’en réalité, la création de monnaie est majoritairement électronique aujourd’hui). Ces politiques ont pour effet de créer une hausse généralisée des prix des biens et des services, que beaucoup nomment inflation, bien que ce mot désigne en bon français l’augmentation de la masse monétaire.
Une des conséquences de la perte de la valeur de la monnaie, (autre façon de nommer la hausse des prix), est que les gens sont incités à surconsommer. En effet, si vous savez qu’une voiture coûte environ 20 000€ aujourd’hui, et qu’elle coûtera probablement 22 ou 23 000€ l’année prochaine, le reflex normal est de se dépêcher d’acheter, même si votre voiture actuelle pourrait encore rouler deux ou trois ans. La voiture n’est qu’un exemple, le même raisonnement s’applique à tous les secteurs de la consommation.
Comparaison avec le système bancaire :
Il y a deux choses primordiales à comprendre pour faire une comparaison entre le système bancaire et le Bitcoin : l’inefficacité du système bancaire actuel, ainsi que l’armée américaine, qui est la pierre angulaire du système bancaire actuel.
Selon l’analyste spécialisé Michel Khazzaka, le système bancaire actuel consommerait 55 fois plus d’électricité que le Bitcoin : camions blindés pour transporter les billets, employés bancaire qui font des allers-retours dans leurs agences bancaires, serveurs informatiques pour conserver les informations bancaire, etc. Et toute cette consommation électrique n’est pas du tout flexible, contrairement au Bitcoin.
L’armée américaine : Depuis les accords de Bretton Woods, à la fin de la seconde guerre mondiale, le système monétaire repose entièrement sur le dollar américain, qui, reposait lui-même sur l’or jusqu’en 1971, mais qui, depuis cette date, n’est plus supporté que par la puissance militaire. Le meilleur exemple de cela est l’accord conclut entre l’Arabie saoudite et les États-Unis dans les années 1970 : une protection militaire, contre le fait ne n’accepter que le dollar américain comme unique moyen de paiement pour le pétrole saoudien. La consommation énergétique de l’armée américaine, que ce soit en électricité, en carburants divers (pour les avions de chasse, les navires de guerre, les chars d’assaut, etc), bien que difficile à estimer, est monumentale.